Caf8ette fois c'est le grand large. Des paquets de mer frappent la coque de notre rafiot. On est tous entassés sur le pont, pendant que les officiers sont bien au chaud dans la cabine. Je ne reconnais personne, pourtant on est tous du 4ème RAML. Y'a que des jeunots autour de moi. Même les officiers ont facilement dix ans de moins que moi. On a visiblement tenu à m'éloigner des autres «volontaires» et c'est pas plus mal. On nous a donné un sac en papier chacun à l'embarquement. On a vite compris pourquoi. Nos tripes se sont mises à remuer au rythme de la Méditerranée, avec comme pour les vagues, quelques débordements sur le pont quand le sac était introuvable dans le foutoir du paquetage. Je passe la nuit près des machines, dans le ronronnement grave et lancinant du diesel qui aggrave mes nausées.VERSION_AUDIO_16